Dynastie et Photographie: exposition

 

Une exposition commémorative des 175 ans de la Belgique et des 25 ans de l'État fédéral sous le Haut Patronage de LL.MM. le Roi et la Reine - du 20 avril au 31 décembre 2005 aux Musées royaux d'Art et d'Histoire

À l'occasion du 175e anniversaire de la Belgique, l'IRPA et les Musées royaux d'Art et d'Histoire (Musée du Cinquantenaire) ont rendu hommage au rôle joué par notre dynastie dans l'utilisation de la photographie en Belgique. Une approche originale de l'histoire de la Belgique !

Nos souverains ont favorisé l'implantation de la photographie dès 1839 et ont soutenu sa fulgurante démocratisation à la fin du dix-neuvième et au début du vingtième siècle. Tous les membres de la famille royale ont été photographiés, et certains ont dévoilé de véritables talents de photographes.

Au-delà de l'évolution des techniques - de la pose en studio à l'instantané - les photographies et leurs usages multiples révèlent les changements dans les rapports entre les souverains et les citoyens.

De nombreux clichés IRPA inédits - insolites ou émouvants - présentent la famille royale partageant les joies et les peines du peuple belge.

L'ouvrage Dynastie et photographie a été publié conjointement à l'exposition.

 

Nos souverains et la photographie

Les liens entre l'histoire de la monarchie belge et celle de la photographie sont multiples. Leurs débuts respectifs sont d'ailleurs très proches dans le temps : la découverte de la photographie vient à peine d'être révélée que, déjà, les photographes veulent y intéresser le roi en lui offrant leurs premiers clichés. Très vite, les portraits royaux et les grands événements du règne vont leur fournir des sujets privilégiés.

De leur côté, les rois et les membres de leur famille vont se montrer attentifs à cette nouvelle technique qui révolutionne l'univers des images. La princesse Charlotte collectionne les photographies et les rassemble en de superbes albums. Le duc de Brabant, futur Léopold II, accorde son appui à une demande de mission photographique ayant pour sujet les grands monuments du pays.

Et lorsque les progrès de la technique auront mis la photographie à la portée des amateurs, Albert Ier et Élisabeth vont s'y adonner avec passion et talent. Plus tard, Léopold III révèle, au travers des clichés rassemblés lors de ses expéditions ethnographiques, ses qualités exceptionnelles de reporter. Baudouin s'est essayé à la prise de vues dès son enfance et cet intérêt ne l'abandonnera plus par la suite. La reine Paola a, elle aussi, à plus d'une reprise, manifesté un grand intérêt et apporté son soutien à l'art photographique.



La photographie donne un visage à la fonction royale

Avec les progrès rapides de la technique photographique et de ses moyens de reproduction, l'image des rois, des reines et des membres de leur famille va pouvoir être diffusée auprès d'un public de plus en plus large. Dès lors, alors qu'elle ne correspondait qu'à une notion abstraite pour beaucoup de citoyens, la fonction royale va recevoir un visage et s'incarner, grâce aux photographies publiées, dans les traits, les silhouettes, les expressions de personnes auxquelles le peuple pourra s'identifier.

Lente encore durant le règne de Léopold Ier et les débuts de celui de Léopold II, cette évolution s'est accélérée au cours des dernières années du dix-neuvième siècle. Elle franchit un tournant décisif au temps d'Albert Ier et d'Élisabeth. Dès ce moment, la photographie va diffuser l'image d'une famille royale unie et heureuse qui plaira incontestablement au peuple et contribuera au prestige de la monarchie.

Sous de nouvelles formes, plus modernes et surtout plus populaires - cartes postales, hebdomadaires illustrés et objets divers -, la photographie des membres de la famille royale est mise à la portée de tous.

Peu à peu, les portraits sévères font place à des images plus familières où les membres de la famille royale se laissent photographier dans l'intimité de leur vie quotidienne. En même temps, la quantité des images produites et diffusées ne va plus cesser de croître pour atteindre la profusion que l'on connaît de nos jours.

 

Les "reportages" de la photothèque IRPA

Au fil des ans, la photothèque de l'Institut royal du Patrimoine artistique s'est enrichie de plusieurs fonds achetés à différents photographes dont au moins une partie de l'activité concernait la photographie documentaire d'art. Les clichés "non artistiques" de ces fonds ont également fait l'objet d'une acquisition, dans la mesure où ils étaient jugés utiles pour l'histoire culturelle de notre pays. L'Institut s'est toujours montré exigeant quant à la qualité des négatifs acceptés.

Les images documentaires d'art acquises, au même titre que les photographies prises par les photographes de l'IRPA, sont aujourd'hui progressivement intégrées au site Internet de l'Institut qui offre actuellement aux internautes plus d'un demi-million d'images. Les photographies qui ne concernent pas des œuvres d'art ne font pas l'objet d'une numérisation prioritaire. Mais en attendant leur mise en ligne, elles sont, comme toutes nos photographies, consultables à l'Institut, dans la salle de lecture, sous la rubrique "reportages".

Les sujets représentés sont très variés et ont été classés selon douze grands thèmes:
animaux, astronomie, cérémonies, flore, folklore, guerre, portraits, professions, spectacles, sports, véhicules et enfin, et non des moindres, le fonds important consacré à la famille royale. Celui-ci permet de parcourir des pans importants de l'histoire de notre pays, la "grande histoire" mais aussi la vie quotidienne de tous les Belges.