Labo des polychromies > L'Agneau mystique


L'Agneau mystique au laboratoire 60 ans après Paul Coremans. L'apport des nouvelles techniques analytiques


Promotrice: Dr. Jana Sanyova (IRPA). Collaboratrice contractuelle mi-temps: Cécile Glaude (IRPA, assistante de laboratoires)
Participants IRPA : Steven Saverwyns (IRPA, Laboratoires), Hélène Dubois (IRPA, atelier des peintures), Marie Postec (IRPA, atelier des peintures).
Collaborateurs externes :
Prof. Patrick Bertrand et Claude Poleunis (Université catholique de Louvain), Prof. Koen Janssens (Université d’Anvers), Dr. David Strivay (Université de Liège), Prof. Peter Vandenabeele (Université de Gand), Marika Spring (National Gallery de Londres), Dr. Julie Arslanoglu (The Metropolitan Museum of Art de New York), Jean-Pierre Sosson (historien, professeur émérite de l’UCL).
Projet de recherche interdisciplinaire financé par BELSPO dans le cadre des programmes 'Action 1 : Impulsion à la recherche dans les établissements scientifiques fédéraux' (MO/39/011).
15 février 2012-14 février 2016.

Depuis le début du traitement de conservation-restauration de l’Agneau mystique réalisé par l’IRPA à Gand (octobre 2012-octobre 2017), ce projet offre le support scientifique pour l'équipe des restaurateurs.



Les matériaux et la technique picturale du polyptyque de l'Agneau mystique de Van Eyck (Gand, St-Bavon) alimentent depuis longtemps la polémique, tant parmi les spécialistes en chimie, restauration, histoire et histoire de l’art qu’au sein du grand public. La technique de Van Eyck, pictor doctus, est très subtile : sa couche picturale est un système hétérogène composé de plusieurs couches, dont la dégradation au fil du temps augmente encore la complexité. Si les examens du passé ont permis de déterminer la plupart des composants majeurs et la stratigraphie des couches, de nombreuses questions persistent. Le premier examen scientifique de l’Agneau mystique a été réalisé en 1950-1951 par l’équipe du Prof. Coremans, fondateur de l’IRPA, pour encadrer le traitement de conservation-restauration nécessité par l’histoire matérielle complexe du polyptyque et les déplacements préjudiciables des panneaux pendant la Seconde Guerre mondiale. Quelque 250 échantillons prélevés pendant cette étude sont conservés au laboratoire de l’IRPA. Ils constituent aujourd’hui une source inestimable d’informations.

L’étude de ces échantillons à l’aide d’instruments et de méthodes à hautes sensibilité et résolution pourra apporter des informations qui ne pouvaient pas être obtenues par les méthodes disponibles il y a 60 ans. L’identification des composants dits « mineurs », c’est-à-dire présents en faible proportion, sera particulièrement visée. Parmi ceux-ci on compte des matières organiques, des liants et colorants, des impuretés, des éléments de trace, ou encore des produits formés par l’interaction des composants au sein de la couche picturale. L’étude de ces composants constitue un important défi pour les chercheurs, que ce projet entend relever. Les résultats des analyses, interprétés ensuite dans différents contextes, contribueront indubitablement à faire progresser la compréhension des propriétés des matériaux, de la technique picturale, des pratiques de l’atelier, de la technologie et du commerce des matériaux, ainsi que des facteurs influençant les processus de dégradation.