Le verre : principes de conservation, d'exposition et d'entretien

Chantal Fontaine   

 

 
Matière
 
 

Les qualités spécifiques d'un verre sont liées à son état vitreux : brillance, transparence, dureté, compacité, sonorité…mais aussi fragilité. Matière de synthèse, le verre est le produit de la fusion de différents éléments : pour l'essentiel, un vitrifiant (la silice), un fondant (la soude et/ou la potasse, et/ou le plomb) et un stabilisant (la chaux). Le verre n'est pas un matériau inerte. Son état vitreux est donc un état d'équilibre. Celui-ci peut être rompu. En effet, le verre s'altère facilement par des transformations chimiques plus ou moins profondes de sa structure. Les qualités du verre en pâtissent visiblement.

 
 
Facteurs d'altération   
 
 

Les facteurs d'altération d'un verre sont multiples. Certains sont inhérents au verre lui-même : déséquilibre dans la proportion des ingrédients, nature du fondant (la potasse est plus sensible à l'eau que la soude), mélange imparfait sous une température inadéquate lors de la fusion, présence d'impuretés, refroidissement trop brutal lors du recuit, procédé de fabrication… D'autres facteurs sont directement liés à l'environnement, c'est-à-dire aux conditions de conservation : degré hygrométrique inadéquat, présence de micro-organismes et de gaz dans l'air ou dans le sol, nature du contexte d'enfouissement (un milieu basique est plus agressif qu'un milieu acide car il détruit le squelette siliceux), effet photochimique des rayonnements ultraviolets du soleil ou des tubes fluorescents, chaleur excessive…

 
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Le facteur le plus insidieux et le plus compromettant pour le verre est l'eau et l'humidité en général. Tous les verres historiques y sont sensibles car ils adsorbent plus ou moins d'eau. Ils retiennent à leur surface une mince pellicule d'eau très adhérente pouvant atteindre une épaisseur d'un dixième de millimètre. La silice, composant majeur des verres courants, n'est pas directement attaquée par l'eau à température ambiante, mais l'eau ou la gaine d'humidité dissout le fondant et même le stabilisant.

 
 
Reconnaissance des altérations (dégâts)
 

1. Verre cassé ? (fragmentation)
Après avoir constaté les dégâts et avant de toucher quoi que ce soit, enregistrez la situation en photographiant les fragments en place sur le lieu de l'accident. Lors d'une casse, tous les fragments doivent être soigneusement ramassés, même les plus petits. Sachez que le résultat final d'un collage complexe dépendra du soin apporté à la récupération des fragments (voir Interventions 1).

 

 

2. Surfaces et pellicules dorées ou miroitantes ? (irisation)
Un verre irisé se détecte facilement. La surface du verre se couvre de fines écailles dorées, souvent très fragiles, aux reflets multicolores : ce sont les irisations. Soyez vigilants : ces irisations signalent que le processus de décomposition du verre est amorcé par stratification. Toute manipulation (dépoussiérage, nettoyage) entraîne une perte de matière, surtout si le stade d'irisation est avancé. Faites appel à un spécialiste car il est nécessaire de stabiliser un verre irisé par un traitement de consolidation de surface et un environnement adéquat. En aucun cas une couche d'irisation ne peut être éliminée par abrasion, sous peine de provoquer un éraillement du verre. Un verre irisé traité doit être contrôlé régulièrement. Un refixage est souvent nécessaire. Un dépôt de fines pellicules irisées à la base du verre doit alerter le conservateur.

 

 

3. Verre troublé, tacheté, bruni ? (opacification)
L'opacification d'un verre se traduit par une perte de la transparence. Comme l'irisation, elle est la manifestation d'une altération irréversible. Elle peut être plus ou moins prononcée et revêtir des formes diverses : voile blanchâtre ou gris, piqûre ou tache brunâtre en surface, large plage brune traversant toute l'épaisseur du verre, perte totale de l'état vitreux avec changement radical de couleur, brunissement généralisé.

L'altération transforme ces verres en profondeur. Les zones altérées sont toujours fragilisées et l'aspect de surface est parfois trompeur, surtout dans le cas des verres de fouille. En effet, un verre sorti de terre et bruni, peut présenter une surface lisse et brillante mais il est probablement complètement cristallisé dans la masse, poreux et extrêmement friable. Ce phénomène est typique des verres médiévaux à fondant potassique. Des conditions particulières de prélèvement doivent donc être mises en œuvre pour garantir la survie des verres de fouille (voir Interventions 1).

Les verres opacifiés doivent toujours être surveillés et traités par un spécialiste qui jugera de leur degré de fragilité et pourra intervenir à bon escient.

 

 

4. Petites gouttes à la surface ? (transpiration)
La surface du verre se recouvre de gouttelettes qui peuvent même couler le long des parois. Ce verre qui " transpire " ou qui " pleure " est un verre hygroscopique, instable. En atmosphère humide, il peut rester transparent mais, en séchant, il se trouble, devient opaque et friable. Un traitement spécifique devra être effectué par un restaurateur. Un verre qui pleure doit toujours être conservé dans un endroit très sec. Prévoyez une vitrine climatisée à un bas degré d'humidité (voir Environnement). La transpiration affecte fréquemment, mais pas exclusivement, des verres de la seconde moitié du XVIIe siècle aux composants mal équilibrés, qui présentent une carence en stabilisant (chaux).

 

 

5. Verre micro-fissuré ? (crizzling)
Certains verres, de composition proche des verres transpirants, présentent un réseau de micro-fissures plus ou moins prononcé. Ces fines craquelures se présentent comme de multiples paillettes désordonnées qui traversent toute l'épaisseur du verre. Elles sont masquées en atmosphère humide mais sont facilement détectables en atmosphère sèche. Les verres souffrant de crizzling doivent absolument être isolés et conservés dans une atmosphère sèche et stable car l'altération risque à terme de détruire l'objet (voir Environnement).

 

6. Verre rosâtre, jaunâtre ou jaune ambré ? : couleurs suspectes     (solarisation)
Les radiations de la lumière peuvent modifier la couleur de certains verres micro-fissurés ou " crizzlés ". Il s'agit d'une action photochimique des rayonnements ultraviolets (soleil et tubes fluorescents) qui transforme en rose des verres décolorés au bioxyde de manganèse, en jaune des verres décolorés à l'arsenic, et en jaune ambré des verres altérés contenant du sélénium. Les verres solarisés sont donc doublement fragilisés ! Évitez de les exposer près d'une fenêtre à la lumière du jour. Conservez-les de préférence dans la pénombre ou adoptez une mesure de protection anti-UV pour vos fenêtres ou vos vitrines (voir Environnement).

 

 

7. Verre déformé, opalisé ou noirci ? (verre brûlé)
L'action d'un feu intense, lors d'un incendie par exemple, peut modifier l'aspect et la structure du verre. Ramolli, il se déforme et peut changer de couleur. De plus, mauvais conducteur, le verre supporte mal les chocs thermiques (tensions internes). Les verres brûlés sont donc fragilisés. Cependant, certains états sont " récupérables " par un nettoyage spécifique et une consolidation.

En fouille, les verres brûlés sont parfois méconnaissables. Ils méritent néanmoins d'être soigneusement examinés et conservés car ils peuvent encore receler des informations intéressantes (restes de grisaille sur les vitraux, restes de décor émaillé sur des verres creux, indices de rite funéraire, etc.).

 

 
 
Interventions
 

 

 

1. Récupération des fragments
Avant d'intervenir, photographiez l'état de la casse et remettez ce document au restaurateur : il pourra en tirer quelque instruction pour l'avenir. Ramassez tous les fragments, comptez-les. Rassemblez-les d'après leurs dimensions et emballez-les dans du papier non-acide ou dans des sacs plastiques en polyéthylène. Evitez qu'ils ne s'entrechoquent : les bordures risquent de s'émousser. Les fragments émaillés doivent être emballés individuellement. Conservez-les bien au sec jusqu'à leur restauration.

Sur le chantier de fouille, la prudence est de mise. À première vue, un verre enfoui peut paraître sain mais, en réalité, il est souvent très altéré. La santé apparente du verre est une illusion produite par le mouillage de l'eau ou de l'humidité qui assurent momentanément sa cohésion. D'autre part, un chantier de fouille n'offre pas toutes les garanties nécessaires à la récolte complète des fragments. En conclusion, mieux vaut s'abstenir de dégager un verre in situ. Ce n'est qu'en prélevant le verre avec sa gangue de terre qu'on peut prétendre récupérer le maximum de fragments. Le prélèvement en motte, conservé dans un emballage hermétique avec maintien du taux d'humidité est requis pour garantir la survie du verre jusqu'à l'atelier de restauration. Si vous n'envisagez pas de faire restaurer le verre dans l'immédiat, maintenez-le au frais, dans un frigo par exemple, afin d'éviter le développement et la prolifération des mousses, champignons et bactéries. De toute façon, ne tardez pas trop à le confier à un spécialiste. Le cas échéant, aspergez la motte de terre avec un fongicide (2,5% de formol dans l'eau).

 

 

 

2. Nettoyage-entretien
Il est indispensable de détecter les altérations et d'estimer le degré de fragilité d'un verre avant toute tentative de nettoyage, que ce soit pour des verres exposés dans un musée ou pour des verres de fouille. La survie du verre est en jeu.

Un verre historique intact et parfaitement sain peut être nettoyé à l'eau de ville à l'aide d'un tampon d'ouate ou d'une brosse douce, puis rincé et séché rapidement avec un papier absorbant. Un mélange eau-acétone (1/1) est recommandé pour le nettoyage. Il présente l'avantage de dégraisser et d'accélérer le séchage. Les détergents commerciaux, ammoniac, vinaigre, soude, etc. sont à proscrire.

Si le verre est émaillé, vérifiez d'abord la tenue de l'émail. S'il se détache, faites appel à un spécialiste qui le refixera. Vérifiez aussi préalablement et discrètement (à l'aide d'un coton-tige humecté) s'il ne s'agit pas d'une peinture à froid (c'est-à-dire non cuite et qui peut donc s'effacer en présence d'eau ou d'acétone). Dans ce cas, l'eau est à proscrire.

Sur les miroirs anciens en verre étamé, scrutez la présence et l'évolution des taches noirâtres, aux contours irréguliers, qui progressent souvent à partir des bordures. Il s'agit d'endroits où la réflexion n'est plus assurée, suite à la perte d'adhésion du tain : le mercure s'est échappé, laissant un vide entre le verre et la feuille d'étain. Faites appel à un spécialiste pour fixer ces zones qui risquent de se désolidariser complètement du verre et de tomber.

Le nettoyage d'un lustre ancien, d'un chandelier ou d'une girandole est une opération complexe et très délicate, compte tenu de l'imbrication de nombreux éléments en métal et en verre. Méfiez-vous : dans la plupart des cas, les bras sont mal ancrés dans les godets, et les attaches des bobèches, ornements et pendeloques sont fragilisées. Le verre lui-même peut être altéré et micro-fissuré. Confiez l'examen de vos lustres à un restaurateur expérimenté qui vous conseillera de façon précise. La réparation de ce genre d'objets a longtemps entraîné le remplacement des éléments endommagés. Des alternatives existent aujourd'hui grâce aux collages plus efficaces et aux renforts discrets.

De toute façon, si le verre est altéré, confiez son nettoyage à un spécialiste. En tout cas, ne nettoyez jamais à l'eau un verre sec irisé et/ou opacifié.

Par ailleurs, ne laissez pas sécher un verre de fouille altéré. L'eau est momentanément son facteur de cohésion. Si elle s'évapore sans être remplacée par un véritable consolidant, le verre risque de se désagréger. Contactez rapidement un spécialiste et laissez-lui le soin d'évaluer le degré d'altération du verre fraîchement sorti de terre ; en attendant, gardez le verre mouillé dans un emballage hermétique et bien au frais (voir Interventions 1.).

En aucun cas un verre ancien ne peut être chauffé (risque de dévitrification) ni recouvert d'un vernis (risque d'emprisonner l'humidité). N'employez pas de pâte abrasive ou d'éponge de vaisselle pour casserole : elles peuvent dépolir le verre.

Sauf en cas de reprise d'anciens collages et sous certaines conditions, un verre restauré - collé ou consolidé - ne peut jamais être nettoyé par immersion dans l'eau, l'acétone ou un autre solvant, sous peine de voir lâcher les anciens collages ou d'assister à sa désagrégation. Un léger dépoussiérage à sec avec une brosse douce ou un chiffon à effet électrostatique, suffira à son entretien.

 

 

3. Collage
Actuellement, les collages réalisés par des spécialistes sont très discrets et les techniques de remontage permettent de replacer correctement un très grand nombre de fragments (plusieurs centaines !). Seul un spécialiste pourra juger du produit et de la procédure à mettre en œuvre en fonction de l'état du verre.

Ne vous improvisez pas colleur : les reprises de mauvais collages sont fastidieuses car l'élimination totale d'une ancienne colle prend beaucoup de temps. L'opération est souvent périlleuse et aléatoire sur des verres altérés.

De toute façon, les colles animales sont à proscrire. Elles se rétractent fortement au séchage, emportant des particules de verre.

Le grugeage parfois constaté sur des verres creux pour faciliter le collage, est une pratique révolue : touchant à l'intégrité même du verre, il le défigure irrémédiablement.

Evitez aussi de maintenir des fragments à l'aide de papiers collants. Sur des verres irisés, ils arracheront des feuillets entiers, fragilisant ainsi les surfaces sous-jacentes. Sur des verres sains, ils finiront avec le temps par emporter des infimes particules de verre et la surface en sera marquée.

Le cas échéant, un fragment peut être refixé provisoirement à l'aide d'une colle réversible de type commercial, dite colle " universelle " (acétate de polyvinyle ou acrylique dans un solvant organique). Néanmoins, ce type de colle est déconseillé pour l'assemblage des fragments très lourds en porte-à-faux. Les colles à base de PVC (chlorure de polyvinyle) ne conviennent pas pour le verre car elles dégagent des vapeurs acides.

 
 
Environnement :
conditions de conservation 
  
 

Le verre doit être conservé dans une atmosphère sèche et stable. Une température de 18 à 20° et une humidité relative inférieure à 55% sont recommandées. Mais un verre micro-fissuré, un verre qui " transpire " et un verre solarisé doivent impérativement être détectés et surveillés. Rassemblez ces verres fragiles dans une vitrine climatisée à 18° avec un taux d'humidité maintenu à 40% (à partir de 42% d'humidité relative, les carbonates de potassium deviennent hygroscopiques et le verre poursuit son processus de décomposition).

Les brusques variations de température (coups de soleil ou spots lumineux chauffants) ne constituent pas des garanties de bonne conservation. Sur des verres déjà restaurés, leurs effets peuvent être catastrophiques car les résines de collage, de consolidation et de reconstitution ont des coefficients de dilatation différents de celui du verre. Outre leur jaunissement accéléré, ces résines perdront rapidement toute efficacité.

L'exposition des verres altérés et/ou restaurés doit se faire sous une intensité lumineuse inférieure ou égale à 150 lux. Un verre solarisé (dont la couleur a viré) ne devra pas être soumis à un rayonnement UV dépassant 75 microwatt/lumen. Dans ce cas, prévoyez éventuellement une protection anti-UV sur les vitres ou laissez le verre dans la pénombre. Les verres sains et non recollés peuvent être exposés sous une intensité lumineuse de 300 lux maximum.

En prévision de conditions atmosphériques extrêmes, dans les cas de gel (lors d'une coupure de chauffage en hiver par exemple), veillez à protéger en priorité les verres restaurés, surtout les verres recollés à hauteur de la jambe, et couchez-les : en effet, les collages risquent de lâcher par un effet de cisaillement au niveau des joints (alternance rétraction/dilatation de la colle). Après le rétablissement des conditions normales d'exposition, le redressement des verres devra s'accompagner d'un contrôle de la qualité des collages. Si le verre " sonne creux " avec une tonalité de carton, s'il n'y a pas de résonance quand on le " cogne " à l'ongle, les collages devront être révisés par un spécialiste.

 

 
 
Manipulation

 

Si la prudence est la mère de la porcelaine, a fortiori elle est bien celle du verre aussi ! Avant toute manipulation d'un objet en verre, détectez les éventuelles restaurations : les collages restent toujours des points faibles et les anciennes colles, devenues cassantes, peuvent céder subitement. Ne manipulez qu'un seul verre à la fois. Prenez-le des deux mains, l'une par le bas, l'autre en soutenant le haut. A priori, ne le saisissez pas par les anses : elles sont souvent recollées.
Il vaut mieux manipuler un verre avec des gants afin d'éviter tout dépôt de transpiration. Pour leur meilleure adhérence, les gants en latex auront la préférence car les gants en coton peuvent glisser sur le verre

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Exposition et stockage

 

 

 

N'empilez pas les verres. Vérifiez leur stabilité. Couchez les pièces instables ou rétablissez leur stabilité à l'aide d'une petite mousse en polyéthylène ou maintenez-les par un tuteur extérieur, en plexiglas par exemple. Dans les vitrines des salles d'exposition, disposez les grands objets à l'arrière, à bonne distance des plus petits. N'accumulez pas trop d'objets sur une étagère afin de ne pas être gêné lors de la préhension d'un verre. Dans les réserves, l'idéal est de disposer les verres en une rangée par niveau.

Le support en polycarbonate, extérieur ou intégré à l'objet, est particulièrement indiqué pour les verres fragiles et/ou incomplets exposés au public. Une alternative moins coûteuse est proposée pour des verres légers destinés aux réserves : le support intégré peut être réalisé en carton non-acide.

Attention aux vibrations : les verres exposés sur des étagères ou des supports en verre risquent de glisser et de tomber. Des tapis anti-dérapants peuvent pallier cet inconvénient.

Choisissez une vitrine ou une armoire de réserve dont les matériaux sont inorganiques. Le bois et les assemblages en bois risquent à terme d'être nocifs pour le verre : les colles peuvent dégager des vapeurs acides et de l'humidité.

Par ailleurs, en ce qui concerne l'aménagement intérieur des vitrines, évitez de présenter les verres sur un lit de sable (abrasif !) fixé à l'aide d'une colle aqueuse (du type " colle à bois ") qui, en séchant, saturera le taux d'humidité, avec pour conséquence une altération accélérée ou une irisation brutale des verres.

L'accès aux verres doit être aisé : le système d'ouverture avec ventouses est trop lourd et le moindre lâchage peut provoquer des catastrophes.

Pour inventorier vos verres, évitez les étiquettes auto-collantes : elles risquent de retenir l'humidité et d'accélérer localement le processus de détérioration. Préférez un marquage discret à l'encre de chine. N'écrivez pas directement sur le verre mais appliquez préalablement une fine couche de résine acrylique incolore en guise d'isolant (Paraloïd B72 à 10% dans l'acétone). Protégez votre marquage par une nouvelle application de résine.

 

 

 

 
Emballage et transport
 


Emballez les verres individuellement dans du papier spécial non-acide ou, à défaut et pour de courtes périodes, dans du papier absorbant commercial ou du plastibulle (pas de papier journal). Disposez-les individuellement dans de petites caissettes en carton non-acide et maintenez-les en place avec des papillotes en frigolite ou mieux, avec de l'ouate synthétique en polyéthylène. Évitez la paille ou les copeaux de bois : ils constituent un milieu hygroscopique néfaste pour le verre.

Pour le transport d'un verre délicat, prévoyez une boîte en carton non-acide faite sur mesure avec un soutien intégré et un volet mobile (avec fermeture velcro) pour accéder facilement à l'objet.

Les petits fragments seront judicieusement emballés dans des mini-sachets plastiques en polyéthylène. S'ils sont très fragiles, ils pourront être stockés dans des passe-partout découpés sur mesure dans une mousse polyéthylène adaptée à leur épaisseur.

 

Bibliographie sélective

 

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Remerciements
Pour leur précieuse collaboration à la documentation de ce vade-mecum, nous tenonsà remercier tout particulièrement : Jean-Luc Elias (photographe à l'IRPA), Ragna Dehertogh (stagiaire à l'IRPA en 2000-2001), Guy Focant (Direction des Fouilles, Région wallonne), Janette Lefrancq (Conservatrice aux Musées royaux d'Art et d'Histoire).