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Imagerie scientifique

L’IRPA est connu comme étant pionnier dans l’utilisation de l’imagerie scientifique pour l’étude et la conservation du patrimoine artistique belge. Forts d’une longue expérience et de technologies de pointe, nous nous consacrons à l’examen technique et à l’étude historique et artistique des peintures, à la documentation des œuvres d’art et des objets archéologiques grâce à la photographie, la radiographie et la réflectographie infrarouge, la dendrochronologie et l'analyse des pigments.

Une approche holistique

Notre atout majeur pour l’étude des peintures réside dans la combinaison d’une expertise technique, analytique et historico-artistique. De concert avec le propriétaire de l’œuvre, nous déterminons l’objectif de l’étude. Nos recherches peuvent aussi bien porter sur les techniques et les matériaux utilisés que sur le processus créatif à l’origine du tableau. Dans d’autres cas, elles concernent l’attribution ou l’authenticité.

Nous commençons par un examen approfondi du tableau à l’IRPA ou in situ, en Belgique ou à l’étranger. Pour certains projets, une analyse technique approfonie suffit. D’autres objets nécessitent une approche interdisciplinaire, menée en collaboration avec nos collègues du Laboratoire des peintures ou de dendrochronologie, du Centre d’étude des Primitifs flamands ou de la Cellule de recherches en histoire de l’art et inventaire. Pour des questions plus spécifiques, nous pouvons compter sur notre vaste réseau d’experts internationaux.

L’IRPA dispose d’un large éventail de technologies pour mener ses recherches :

  • photographie (en haute résolution)
  • microscopie
  • radiographie
  • réflectographie infrarouge
  • dendrochronologie
  • MA-XRF
  • spectroscopie Raman
  • analyse de coupes stratigraphiques
  • datation radiocarbone

Les résultats sont présentés sous la forme d’un rapport richement illustré.

La photographie

À l’aide d’un matériel photographique professionnel, nous photographions et documentons, dans notre studio ou sur place :

  • les œuvres d’art (peintures, sculptures, verre, tapisseries, textiles, mobilier, vitraux...)
  • les monuments historiques et les sites archéologiques
  • les événements culturels majeurs (comme le carnaval de Binche)
  • les collections d’art publiques ou privées
  • les découvertes archéologiques.

Des détails spectaculaires révélés grâce à la haute résolution

Ces dernières années, nous nous sommes spécialisés dans la photographie en haute résolution des peintures.

Voici comment nous procédons. Nous prenons des macrophotographies de l’œuvre, qui sont ensuite assemblées numériquement. Nous pouvons photographier en quatre modes : lumière normale, rasante, infrarouge proche ou ultraviolette. Dans la plus haute résolution, les images ainsi obtenues ressemblent fort à celles prises à l’aide d’un microscope binoculaire. La macrophotographie contribue à une meilleure connaissance de l’œuvre et fournit également des informations utiles pour la restauration.

  • Les détails des traits de pinceau apparaissent.
  • Nous pouvons déterminer l’état matériel d’une peinture jusqu’à la moindre fissure et localiser les retouches ultérieures.
  • Les particules de pigment individuelles deviennent visibles, ce qui nous donne une idée de la palette du peintre.
  • Le mode infrarouge nous permet d’étudier les caractéristiques physiques du dessin sous-jacent. La macrophotographie infrarouge est complémentaire à la réflectographie infrarouge, une technique qui pénètre plus en profondeur dans l’infrarouge.
Christina Currie

Nous avons perfectionné notre technique grâce aux projets Closer to Van Eyck et VERONA. Nous avons documenté tous les tableaux de Jan van Eyck conservés en Belgique ou à l’étranger, en commençant par l’Agneau mystique. Ce travail nous a permis de réaliser des images spectaculaires, avec des détails jusqu’alors invisibles à l’œil nu.

Christina Currie, responsable de la cellule

La réflectographie infrarouge avec une caméra de pointe

La réflectographie infrarouge permet d’étudier les peintures sur toile, sur panneaux de bois ou sur cuivre. « Nous utilisons surtout l’infrarouge pour visualiser le dessin sous-jacent », explique Sophie De Potter. « Elle nous donne ainsi une idée du processus créatif : la composition a-t-elle été mûrement réfléchie ou l'artiste a-t-il procédé plus intuitivement ? A-t-il hésité ou changé d’avis en cours de réalisation ? Cette méthode permet également de détecter les signatures cachées. »

De plus, la réflectographie infrarouge peut nous fournir des indices permettant de nous prononcer sur l’authenticité de l’œuvre. Grâce à cette technique, nous pouvons distinguer une copie ou un faux d’un original. Dans le premier cas, nous pouvons aussi parfois déterminer la technique de copie, telle que la mise au carreau, le poncif ou le calque.

L’IRPA dispose d’une caméra infrarouge équipée d’un mécanisme de balayage interne qui permet de produire des images en haute résolution d’un niveau de clarté et de détail inégalé. L’appareil est muni d’un objectif macro pour réaliser des gros plans extrêmes. Montée sur un système de rail motorisé, la caméra se déplace sans heurt et avec précision, parallèlement à la surface de la peinture.

Spohie De Potter

Nous utilisons surtout l’infrarouge pour visualiser le dessin sous-jacent. Elle nous donne ainsi une idée du processus créatif de l’artiste. Cette méthode permet également de détecter les signatures cachées.

Sophie De Potter, expert en réflectographie infrarouge

La radiographie

La radiographie (photographie aux rayons X) est utilisée pour étudier des objets d’art composés de divers matériaux (toile, bois, verre, métal...) et des objets archéologiques. Cette méthode permet de déterminer si une restauration s’avère nécessaire ou non. Elle révèle l’état réel de conservation d’une œuvre, notamment les vers du bois, les déchirures dans la toile et les pertes de peinture. Comme pour l’infrarouge, les images nous en disent long sur la technique de l’artiste, les matériaux utilisés et le processus créatif.

Catherine Fondaire : « Le blanc de plomb apparaît en blanc sur une radiographie, alors que le blanc de zinc (introduit au milieu du XIXe siècle) et le blanc de titane (disponible dès les années 1920) ne sont, quant à eux, pas enregistrés. La radiographie peut donc nous donner un premier indice pour déceler des copies tardives ou des faux. »

Pour les œuvres d’art, ce sont les radiographies traditionnelles sur film qui donnent les meilleurs résultats. Par ailleurs, la sécurité est primordiale. À l’IRPA, nous disposons d’un « bunker » spécialement conçu à cet effet. Pour les radiographies réalisées in situ, notamment dans les églises et les musées, nous suivons un protocole de sécurité très strict. Nous nous rendons généralement sur place pour évaluer la faisabilité, puis nous prenons contact avec l’agence de radioprotection locale pour obtenir l’autorisation requise.

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Photographie en haute résolution, réflectographie infrarouge ou radiographie ?

Le choix des technologies mises en œuvre dépend de plusieurs facteurs. Il est bien entendu fait en fonction de la question de recherche. Les caractéristiques de l’œuvre sont également à prendre en considération. Pour l’étude du dessin sous-jacent réalisée à l’aide de la réflectographie infrarouge, par exemple, les résultats dépendent du type de pigments présents dans la couche de peinture et de leur densité. Nos experts peuvent généralement proposer telle ou telle technique sur la base d’une photo de l’œuvre.

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Christina Currie
Dr Christina Currie
Responsable de la cellule
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