Coup de cœur du mois - 08/2025
Tout au long de l’année 2025, la Photothèque de l’IRPA vous présente son « coup de cœur du mois », parmi ses photographies récentes, ou plus anciennes. Pour ce mois d’août, ayant profité de la fermeture de la salle de lecture pour cause de réaménagement, la Photothèque souhaite mettre à l’honneur des clichés, dessins et plans montrant l’aménagement et l’évolution des espaces dédiés au stockage, à la préservation et à la consultation de ses photographies.
Mélanie Droumart
Un bâtiment pensé pour le patrimoine et l’image
Dès son origine, la mission de l’IRPA a été de constituer une mémoire visuelle exhaustive, enrichie au fil des années par des campagnes photographiques menées à travers tout le pays, et même au-delà de ses frontières. Au cœur de cette mémoire, se trouve le compactus, un système ingénieux de rayonnages mobiles et sécurisés, spécialement conçu pour préserver les images dans des conditions adaptées.
Autrefois, la Photothèque était installée à l’emplacement de l’actuelle salle de lecture de l’IRPA, au premier étage. Les cartons contenant les positifs étaient alors en accès libre, permettant aux chercheurs et passionnés de consulter directement les images, à la manière d’une bibliothèque traditionnelle.
Comme le montrent les plans, l’architecte avait prévu cet espace dédié à la conservation des photographies dès la conception du bâtiment. Et cette attention ne se voit pas qu’au niveau de la Photothèque : c’est l’ensemble de l’édifice de l’IRPA qui a été pensé pour répondre aux exigences spécifiques de préservation, d’étude et de restauration du patrimoine.
Positif et négatif : deux facettes d’une même mémoire
Derrière chaque image consultée se cache tout un processus de création et de conservation. La Photothèque distingue, en particulier, deux types de supports photographiques : les négatifs et les positifs.
- Le négatif est l’image originale obtenue sur film ou plaque, où les valeurs lumineuses et chromatiques sont inversées par rapport à la réalité. Le négatif constitue la matrice à partir de laquelle on réalise des positifs.
- Le positif est l’image lisible à l’œil nu, avec des valeurs lumineuses correctes. Généralement tirée sur papier à partir du négatif, elle correspond à la représentation “finale” de la photographie.
Cette distinction n’est pas seulement technique : elle structure aussi le classement et la gestion de la collection. Les négatifs sont conservés selon des critères de préservation et d’authenticité, tandis que les positifs sont organisés pour faciliter la consultation, la recherche et la valorisation auprès du public.
La Cellule de numérisation DIGIT : la mémoire à portée de clic
Depuis plusieurs années, l’IRPA s’est engagée dans un ambitieux projet de numérisation grâce au programme DIGIT de BELSPO. Ce service transforme des centaines de milliers de photographies, plans et dossiers en images haute définition, accessibles à tous, via la base de données BALaT.
Les avantages sont nombreux :
- Accès gratuit à plus de 800 000 images en ligne
- Préservation à long terme des documents originaux
- Mise à disposition rapide de ressources pour les chercheurs, les institutions et le grand public
- Politique d’Open Access favorisant la réutilisation des images
- Réponse et aide pour les demandes spécifiques
Entre patrimoine matériel et mémoire numérique
Le compactus reste un symbole fort de la mémoire matérielle de l’IRPA, rappelant l’époque où chercheurs et chercheurs d’images parcouraient les cartons, feuilletaient des photographies, des fiches et des publications à la recherche d’un détail ou d’une œuvre.
Aujourd’hui, la Photothèque incarne la transition entre patrimoine tangible et mémoire numérique. Les pratiques de recherche ont profondément évolué : la consultation se fait désormais en ligne, avec un accès facilité à des milliers d’images et de données. Une véritable révolution, qui ouvre notre patrimoine à un public plus large que jamais.
Mais tout n’est pas encore purement numérique, loin de là. Les collections physiques demeurent une source irremplaçable de savoir et d’authenticité. C’est pourquoi il reste essentiel de continuer à préserver et à valoriser ces supports matériels, tout en poursuivant l’effort de numérisation.
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