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Étude approfondie des monuments en pierre de la chapelle de Rubens

D’où vient toute cette poussière ?! Les sculptures de la chapelle de Rubens, lauréate du premier Challenge Patrimoine, bénéficient actuellement d’un traitement de conservation-restauration approfondi mené par l’Atelier des sculptures en pierre de l’IRPA. Depuis début février 2024, nos experts sont à pied d’œuvre dans l’église Saint-Jacques d’Anvers. Cet ambitieux projet n’aurait jamais pu voir le jour sans la générosité de nos nombreux donateurs. Où en est-on aujourd’hui, près de trois mois après le début de la restauration ?

Grâce au soutien des passionnés du patrimoine

Le projet est axé sur la conservation et restauration de plusieurs monuments de la chapelle de Rubens, notamment l'autel baroque surmonté d’une statue en marbre de la Mater Dolorosa (Notre-Dame des Douleurs), l'épitaphe pour Albert, le fils de Rubens, entourés de part et d’autre de deux monuments funéraires romantiques du XIXe siècle. Grâce à la campagne des étoiles, au crowdfunding et au doublement financier par l’entreprise Duvel Moortgat, plus de 100 000 euros ont été récoltés pour le lancement du projet, qui a vu le jour grâce au soutien de passionnés du patrimoine.

L’IRPA travaille selon une approche interdisciplinaire. En effet, la Cellule d'imagerie scientifique est venue prendre des photos supplémentaires, tandis que le Laboratoire des monuments et décors monumentaux effectue des analyses scientifiques des matériaux utilisés. Ces étapes font partie de la première phase du traitement, qui consiste à déterminer l’état de conservation actuel des œuvres.

Retour sur les temps forts de la restauration ces dernières semaines ...

Pourquoi commence-t-on par déterminer l’état de conservation actuel de l’œuvre ?

Comme lorsqu’on va chez le médecin, la détermination de l'état actuel de l’œuvre permet de poser un diagnostic précis. Il ne s'agit pas simplement d'estimer la quantité de poussière accumulée sur les sculptures mais bien de réaliser une étude approfondie des monuments. Observer, mesurer, prendre des photos, observer, encore et encore. Déterminer la nature et l’ampleur des dégâts, identifier les éléments originaux et les ajouts ultérieurs, évaluer les risques potentiels de dommages ultérieurs et noter avec précision les dimensions de chaque élément. Ces informations servent de base à l’élaboration d’un plan de restauration détaillé par les restaurateurs. Quels sont les matériaux, les techniques et les délais nécessaires à la bonne réalisation du traitement ?

Pourquoi faire appel à des techniciens de laboratoire de l’IRPA ?

Bien qu’on puisse distinguer beaucoup de choses à l’œil nu, plusieurs échantillons des monuments de la chapelle de Rubens ont été prélevés pour être analysés en laboratoire. La polychromie, la pierre naturelle, le mastic et les mortiers de réparation y sont notamment examinés, de même que les analyses de sel de certains éléments. Ainsi, nous savons, sur la base de données scientifiques, à quels matériaux nous avons affaire avant de réaliser une intervention.

Pourquoi ces détails sont-ils si importants ? Toutes les pierres se ressemblent, n'est-ce pas ?

Un aspect fondamental de la conservation est l'identification des pierres et des matériaux utilisés. En effet, ils ne se dégradent pas tous de la même manière et ne doivent pas tous être traités de la même manière. Dans la chapelle de Rubens, nous rencontrons différents types de pierre. En outre, l'autel contient également quelques attributs en métal. À ce stade des recherches, l'accent est mis sur le marbre et la pierre naturelle, ainsi que sur les couches de finition. L’étude stratigraphique révèle progressivement l’ordre de la succession des différentes couches de finition. Les résultats sont comparés avec ceux d'une étude antérieure, réalisée entre 2000 et 2007. En outre, des échantillons historiques de la chapelle de Rubens provenant des archives de l'Institut royal du Patrimoine artistique ont été réexaminés.

Qu'en est-il de l’étude historique : une matière poussiéreuse ou une matière à réflexion ?

Outre l’étude technique, les recherches historiques jouent un rôle majeur dans la compréhension de l'origine, du contexte et de l'histoire des monuments. Elle contribue à identifier les interventions et les modifications antérieures sur les monuments, ce qui peut aider à déterminer l'état d'origine de l'œuvre et à identifier certains éléments. De manière générale, l’étude historique joue un rôle crucial dans la préservation de la valeur historique et culturelle de l’œuvre.

Quelles sont les premières interventions après toutes ces recherches ?

Le travail sur les sculptures proprement dit a débuté récemment. Depuis lors, le premier dépoussiérage global de tous les monuments a été réalisé. Maintenant que la poussière a disparu, plusieurs tests de nettoyage sont effectués sur divers matériaux et monuments. Une première étape importante de la conservation consiste également à fixer localement la couche picturale afin que la peinture encore présente sur les monuments en pierre ne s’en aille pas. Pour ce faire, on utilise un fixateur.

Comment superviser un projet de restauration aussi vaste ?

Le projet de restauration de la chapelle de Rubens est en effet un processus complexe et minutieux, qui implique une collaboration entre diverses disciplines afin de préserver ce patrimoine pour les générations futures. Grâce à une étude menée en continu et à des analyses approfondies, l’équipe d'experts œuvre à la restauration de ce magnifique trésor du patrimoine. Les analyses approfondies sont consignées dans des rapports et des documents de recherche, ce qui est fondamental pour la poursuite du traitement de conservation du patrimoine à l'avenir. Les résultats de la restauration contribueront à préserver la riche histoire de la Belgique. Pourvu que ce projet soit une belle source d’inspiration pour d’autres initiatives similaires qui fleurissent ailleurs !

C’est grâce à votre précieux soutien que tout cela est possible !

Ce merveilleux projet peut enfin voir le jour grâce à... vous ! Grâce à votre précieux soutien, les secrets de l'intérieur de la chapelle de Rubens seront enfin révélés et transmis à la nouvelle génération. Vous voulez soutenir la suite du traitement de conservation-restauration de la chapelle de Rubens ou d'autres trésors du patrimoine ? Faites un don unique ou mensuel au profit du Challenge Patrimoine à Anvers ou du Challenge Patrimoine en général.

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