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Château de Jehay: une datation précise grâce à une étude conjointe des matériaux

Le château de Jehay a un riche passé. À l’initiative de la Province de Liège, ce patrimoine exceptionnel est actuellement en cours de restauration. L’IRPA apporte sa pierre à l’édifice en réalisant une étude interdisciplinaire qui permet de dater avec précision les différents matériaux et parties du château.

Commanditaire

Province de Liège

Période
Mars à octobre 2018
En savoir plus?
Laboratoire des monuments et décors monumentaux
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Laboratoire de dendrochronologie
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Quatre phases de construction

Niché à Amay, au cœur de la province de Liège, le château de Jehay est riche de près de cinq siècles d’histoire. Ce monument fut édifié en quatre phases. L’aile XVIe, le corps de logis et les deux tours rondes furent érigés vers 1550. L’aile centrale fut, quant à elle, bâtie entre 1555 et 1585, et l’imposant donjon vers 1640. Vers 1860, l’architecte Alphonse Balat y ajouta une galerie et une tour carrée. Il reconstruisit partiellement la façade sud de l’aile XVIe et y adjoignit une tourelle d’angle.

Classé en 1974, le château appartient depuis 1978 à la Province de Liège et figure depuis 2013 dans la liste du patrimoine exceptionnel de Wallonie.

Pétrographie des mortiers et enduits

Grâce au financement de la Province de Liège et de l’Agence wallonne du Patrimoine (AWaP), le château est actuellement en cours de restauration, depuis 2017. Sa réouverture au public est prévue pour 2024. Les travaux préparatoires de démolition partielle ont permis d’approfondir nos connaissances sur le château. Le laboratoire des Monuments et Décors monumentaux de l’IRPA a ainsi réalisé une étude pétrographique des divers enduits et mortiers utilisés dans le bâtiment. Au total, 85 lames minces ont été examinées par nos experts. L’objectif ? Caractériser la composition des mortiers et enduits relatifs aux quatre grandes phases de construction ou d’intervention. Parallèlement, ils ont aussi effectué, sur chaque échantillon, une analyse thermique simultanée, une technique couplant thermogravimétrie et calorimétrie différentielle à balayage. Ils ont ainsi pu, d’une part, déterminer le caractère plus ou moins hydraulique du liant employé dans les matériaux et, d’autre part, constituer un corpus de référence permettant d’attribuer une fourchette de datation à des mortiers et enduits prélevés dans des parties du château jusque-là mal définies chronologiquement.

Étude des cernes de croissance annuels

En outre, l’IRPA a également réalisé deux études dendrochronologiques des structures en bois du château. L’analyse des cernes de croissance du bois permet de dater précisément celles-ci. La première étude, menée en 2017, portait sur les charpentes des différentes ailes du château ; la seconde, effectuée en 2018, sur les structures et éléments en bois des pièces du rez-de-chaussée et du premier étage, tels que les planchers, un pan-de-bois, des linteaux de fenêtres, des encadrements de portes et des bois réutilisés dans la maçonnerie. Le but était d’identifier certaines anciennes voies de circulation dans le bâtiment, les bois en réemploi, et de déterminer à quelle phase de construction ou de restauration ils appartiennent.

Étude conjointe

À la demande de la Province de Liège, l’IRPA a rassemblé les résultats des deux études scientifiques en un document de synthèse. Une interprétation conjointe des résultats d’analyse de ces deux matériaux distincts est une démarche relativement rare. Elle ouvre la voie à des projets de recherche plus vastes, qui impliqueraient également d’autres disciplines et méthodes, comme la datation au radiocarbone. Le résultat de ces recherches a été présenté en 2019 lors des Journées d’Archéologie en Wallonie.

Consultez l’étude: L’édification du château de Jehay : une approche par la datation et la caractérisation des mortiers et des bois.

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