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Coup de cœur du mois - 05/2026

Depuis janvier 2025, la Photothèque de l’IRPA vous présente chaque mois un coup de cœur issu de sa collection d’archives photographiques : une manière de vous montrer la diversité de cette collection et l’expertise des collaborateurs de l’Institut. À travers leur travail quotidien, les témoins précieux de notre histoire continuent d’être étudiés, restaurés, documentés et valorisés.

Pour ce mois de mai 2026, la Photothèque souhaite dédier son coup de cœur aux photographies de robes du XIXe siècle présentes dans sa collection. Elles illustrent l’évolution des goûts, des techniques textiles et des codes sociaux au cours d’une période marquée par de profondes transformations industrielles et culturelles.

Rédigé par Valentine Martinquet, stagiaire au sein de la Photothèque de mars à mai 2026.

L’Atelier des textiles, ou comment restaurer le fil du temps

L’Atelier des textiles de l’IRPA est spécialisé dans l’étude, la conservation et la restauration d’objets textiles. Son travail concerne aussi bien les vêtements que les tapisseries, broderies, meubles garnis de textiles et costumes liturgiques. Afin de comprendre les matériaux, les techniques de fabrication et le contexte historique des œuvres textiles, l’atelier collabore avec d’autres cellules de l’IRPA. Les experts y réalisent des constats d’état approfondis et analysent les fibres, les colorants et les techniques de tissage. En fonction de la matière et de la structure de l’objet, l’approche de conservation varie. L’atelier conserve non seulement des textiles, mais également le bois, le plastique, le métal et bien d’autres éléments présents dans les objets. Il travaille également à la conception de supports de conservation et de présentation adaptés aux textiles fragiles, comme les vêtements historiques et les robes anciennes.

Photos à droite et ci-dessous : reportage dans l’Atelier des textiles © IRPA

L’histoire de la robe au XIXe siècle

Le XIXe siècle connaît une évolution importante de la mode féminine. Au début du siècle, les robes sont influencées par le style Empire, caractérisé par des lignes simples, des tailles hautes et des tissus légers inspirés de l’Antiquité. À partir des années 1830, les silhouettes deviennent plus volumineuses avec l’apparition des manches bouffantes et des jupes élargies. Vers le milieu du siècle, la crinoline transforme profondément la silhouette féminine en donnant aux robes une ampleur spectaculaire. Dans les dernières décennies du siècle, la tournure remplace progressivement la crinoline et met l’accent sur l’arrière de la robe. Ces changements reflètent les évolutions sociales, les innovations techniques ainsi que le développement de l’industrie textile et de la haute couture.

Les matériaux utilisés pour la fabrication des robes

Les robes du XIXe siècle sont confectionnées à partir de matériaux variés dont le choix dépend du statut social, de l’usage du vêtement et des tendances de la mode. La soie est l’un des tissus les plus prestigieux, particulièrement utilisée pour les robes de soirée et les vêtements de cérémonie. Le coton, devenu plus accessible grâce à l’industrialisation, est largement employé pour les robes de jour. La laine est également utilisée, surtout pour les vêtements d’hiver. À ces tissus s’ajoutent des éléments décoratifs tels que la dentelle, les rubans, les broderies et les perles. Les structures internes des robes, comme les crinolines ou les tournures, sont souvent réalisées en métal, en baleine ou en coton renforcé. L’étude de ces matériaux par les spécialistes de l’IRPA permet de mieux comprendre les techniques de fabrication, ainsi que les enjeux liés à la conservation des textiles anciens.

Photos ci-dessous : robes conservées au Château d’Arenberg à Louvain (clichés KN006021 et KN006022), robe conservée au Musée de la Vie wallonne à Liège (cliché KN005110), robe conservée au Musée BELvue à Bruxelles (cliché N012816), robe de mariée et robe avec parapluie conservées aux Musées royaux d’Art et d’Histoire à Bruxelles (clichés KN004075 et KN004087)

Où voir ces robes et la mode de cette époque ?

En Belgique, plusieurs musées conservent d’importantes collections de vêtements du XIXe siècle, permettant au public de découvrir l’évolution de la mode et des techniques textiles. À Bruxelles notamment, le Musée Mode & Dentelle met en valeur le patrimoine textile belge et européen. Le musée présente des vêtements historiques, des créations de stylistes ainsi qu’une remarquable collection de dentelles, élément incontournable de la mode féminine du XIXᵉ siècle.

Les Musées royaux d'Art et d'Histoire conservent eux aussi des collections liées aux arts décoratifs et au patrimoine textile. Parmi les objets présentés figurent des costumes historiques, tissus anciens, accessoires vestimentaires et éléments décoratifs témoignant des pratiques vestimentaires européennes. Ces collections permettent de mieux comprendre les matériaux, les techniques de fabrication et les usages sociaux associés aux vêtements du XIXᵉ siècle.

À travers BALaT, première vitrine en ligne de nos collections belges, le patrimoine se découvre à portée de clic, mais cette exploration numérique invite aussi à franchir le pas des musées pour en faire l’expérience directe, car voir les œuvres « en vrai » reste irremplaçable et participe pleinement à leur préservation in situ.

Ces musées jouent un rôle essentiel dans la conservation et la transmission du patrimoine vestimentaire.

Photo à gauche : robe conservée aux Musées royaux d’Art et d’Histoire à Bruxelles (cliché B239286)

Sources

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