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Retour sur une gestion de crise : les inondations de juillet 2021 et le patrimoine

Les terribles inondations qui ont frappé la Belgique au cours des 14, 15, 16 et 24 juillet 2021 ont impacté la vie de nombreux habitants des régions touchées, dont certains peinent encore à retrouver une habitation et une vie normale. Le patrimoine a également souffert de cette catastrophe. Églises, musées, bibliothèques, centres d’archives et bâtiments classés ont vu leurs collections, décors, meubles être dégradés par les eaux usées et les boues, souvent chargées de polluants et d’hydrocarbures. À ce jour, on dénombre plus de 106 monuments impactés, une vingtaine de biens classés et plus d’une centaine de biens pastillés à l’Inventaire du patrimoine immobilier culturel (IPIC) de l’Agence wallonne du Patrimoine (AWaP).

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Dès le 18 juillet, des volontaires de l’IRPA se sont rendus dans les zones sinistrées et ont également prodigué des conseils à distance. Le 20 juillet, en association avec le Comité belge du Bouclier bleu (BBB) et d’autres institutions, l’IRPA a constitué un comité de gestion de crise, visant principalement à inventorier le patrimoine en danger, organiser les premières visites sur place, documenter et renseigner les bonnes expertises, mais aussi sensibiliser sur le patrimoine en péril et développer des projets relatifs à la thématique. Le comité de crise s’est réuni durant cinq mois, d’abord chaque semaine, puis mensuellement, et a clôturé son action par une journée de rencontre réunissant les différents partenaires à l’IRPA le 23 novembre. Le 25 mars dernier, le secrétaire d’État en charge de la Politique scientifique, Thomas Dermine, a annoncé l’octroi d’une subvention à l’IRPA afin de poursuivre le travail de sauvetage et les réflexions relatives à l’établissement de plans d’urgence et de recherches sur les effets des inondations sur le patrimoine.

L’IRPA engage son expertise afin de proposer, en collaboration avec les différents partenaires impliqués, des solutions pour limiter au maximum les risques touchant le patrimoine lors de catastrophes et de prendre en charge les œuvres et bâtiments touchés. Après l’urgence, les réponses se dessinent. La première étape a consisté à dresser le bilan de nos interventions et à déterminer ce qui peut être amélioré et/ou renforcé. Pour ce faire, nous travaillons à établir un rapport des actions menées, éclairé par les échanges que nous avons pu avoir avec les différents intervenants.

Ensuite, nous souhaitons mettre sur pied une réflexion sur deux axes. D’une part, il faut penser à la mise sur pied d’une structure d’urgence pour le patrimoine, au sein de laquelle l’IRPA pourra jouer un rôle clé. Il est également nécessaire de mettre à la disposition des gestionnaires du patrimoine des outils pour l’aide au relèvement rapide. Cette réflexion doit, en outre, s’intégrer au sein du schéma administratif et politique complexe de la Belgique, disposant de différents niveaux de pouvoir, qu’ils soient fédéraux, régionaux, provinciaux et communaux, qu’il faudra intégrer à ce processus de mise en place. Parallèlement, nos experts vont mener des recherches sur les effets des inondations sur certains types de patrimoine (sculpture en bois polychromé, verre, céramique, textile). Le patrimoine inondé subit en effet divers dommages (bris, soulèvements, apparition de moisissures ou champignons, réactions chimiques des matériaux constitutifs de l’œuvre avec l’eau et ses composants) qu’il faut observer, mesurer, quantifier afin de proposer un traitement adapté et durable.

Images : © Cabinet de Thomas Dermine

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