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Le tableau Massacre des Innocents à Andenne

Église Sainte-Begge, Andenne

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Un fleuron

Le tableau du Massacre des Innocents de Louis Finson (avant 1580-1617) est l’un des fleurons de l’ancienne collégiale Sainte-Begge d’Andenne. Classé Trésor de la Fédération Wallonie-Bruxelles en 2010, ce monumental et spectaculaire tableau de style caravagesque est la seule œuvre du grand peintre d’origine brugeoise conservée en Belgique.

Du caravagisme au baroque

Le Massacre des Innocents est une peinture à l’huile sur toile représentant une scène tragique du cycle de la Nativité. Selon les spécialistes, il s’agirait de l’œuvre la plus savamment structurée de l’artiste. Cette composition s’articule en deux plans principaux : au premier plan, une cohue de personnages tourmentés présentés en un plan resserré et, en arrière-plan, des bâtiments antiques évoquant la ville Bethléem.

D’une force exceptionnelle, ce tableau compte parmi les œuvres majeures du peintre Louis Finson ‒ célèbre en son temps bien qu’aujourd’hui injustement méconnu en dehors du milieu des spécialistes ‒ notamment par sa théâtralité et ses dimensions impressionnantes (270 x 400 cm). Dans cette création tardive, Finson s’éloigne du caravagisme pour tendre vers un style plus baroque.

Une énigme de l’histoire de l’art

D’origine brugeoise, Louis Finson (avant 1580-1617) a longtemps vécu en Italie, où il fut l’un des rares suiveurs directs du Caravage (1571-1610). Chronologiquement, il est même le premier peintre flamand qui relève du mouvement caravagesque. Son séjour en Italie reste largement une énigme de l’histoire de l’art. Quelle était sa proximité avec le Caravage et son milieu ? Était-il un adepte séduit par le style du maître italien ? Un de ses disciples ou collaborateurs ? Le connaissait-il personnellement ? Autant de questions à ce jour sans réponse précise.

Un tableau à l’histoire tourmentée

En 1621, le roi du Danemark a souhaité acquérir ce Massacre des Innocents d’un marchand amstellodamois. Pour une raison inconnue, la vente n’a jamais eu lieu et l’œuvre disparaît des radars en 1623. Elle refait surface plus de deux siècles plus tard, en 1854 plus précisément, à Liège, où son achat est refusé successivement par le Musée des Beaux-Arts, puis par l’évêque de Liège. Elle est finalement acquise par l’abbé Léonard-Joseph Courtoy, doyen d’Andenne visionnaire. Depuis lors, cette magnifique toile fait partie intégrante du décor de l’église Sainte-Begge d’Andenne, pour le plus grand bonheur des fidèles et des visiteurs.

Une œuvre menacée

Des dégradations ont été observées en 2019. La couche picturale présente de nombreuses pertes d’adhérence, le vernis a développé des chancis très marqués et étendus et des anciennes retouches se sont altérées. Un constat d’état et une proposition de conservation-restauration ont été réalisés par l’IRPA en 2021.

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