Continuer vers le contenu

Les costumes du ballet La Gamme d’Amour de James Ensor

Mu.ZEE, Ostende, v. 1911-1932 (?)

James Ensor (1860-1949) est l’un des peintres belges les plus influents de son temps. Nous connaissons tous les fantastiques peintures, dessins et gravures aux couleurs vives de l’illustre Ostendais, dispersés dans des collections aux quatre coins du monde. Mais qu’en est-il de ses compositions musicales et théâtrales, moins connues ?

Une passion pour la musique

La célèbre « chambre bleue » de la Maison Ensor abrite toujours l’harmonium que le couple de collectionneurs Albin et Emma Lambotte avait offert à l’artiste en 1906. C’est avec cet instrument que James Ensor a composé plusieurs fragments musicaux, qui ont ensuite été réunis en un ballet : La Gamme d’Amour. Il a non seulement créé la musique mais aussi écrit le scénario, conçu les décors festifs et les costumes multicolores. Cette œuvre raconte l’histoire d’amour entre Miamia, la fille d’un couple de propriétaires d’un magasin de jouets, et Fifrelin. Elle a été achevée en 1911 et jouée pour la première fois deux ans plus tard à Ostende.

Ensor, le costumier

Nous avons conservé plusieurs objets de ce ballet et de sa représentation : la musique, les dessins préparatoires des décors et des personnages, diverses affiches et les costumes. Après avoir séjourné quelque temps dans une collection privée, ces costumes insolites appartiennent désormais à la Ville d’Ostende depuis 1995 et sont conservés au Mu.ZEE. Il s’agit au total de six pièces en coton peint à l’aquarelle : deux robes, une chemise à manches courtes, une chemise à manches longues, une jupe et un pantalon. Certaines sont actuellement dans un état particulièrement fragile en raison de mystérieuses taches qui ont un impact majeur sur leur conservation à long terme.

De mystérieuses taches

En 2024, à l’occasion de l’année Ensor, une mise à l’honneur de ces costumes exceptionnels s’impose ! Outre un traitement de conservation-restauration, une étude technico-matérielle et historique sur l’origine de ces mystérieuses taches serait, elle aussi, particulièrement édifiante. Ces taches résulteraient-elles peut-être de la représentation même du ballet ? De plus, une analyse de la composition de la peinture utilisée pour la réalisation des costumes pourrait permettre de mieux comprendre leur processus de création : Ensor les a-t-il peints lui-même ? Enfin, les mystérieux noms découverts sur certaines pièces soulèvent, eux aussi, de nombreuses questions… Qui sont ces personnes ? Ensor a-t-il inscrit lui-même ces noms sur les costumes ? Il reste encore bien des énigmes à élucider !

Allez voir de vos propres yeux !

La collection des costumes de ballet est conservée au Mu.ZEE. En raison de leur fragilité, ceux-ci ne sont actuellement pas exposés. Vous voulez découvrir les autres richesses d’Ostende ? Visitez le Mu.ZEE.

Merci au partenaire fondateur du Challenge Patrimoine