Le Palais chinois et des Pays des Routes de la Soie
À la lisière du Domaine royal de Laeken se dresse l’un des monuments les plus insolites de notre pays : le Palais chinois. Avec la Tour japonaise et le Musée d’Art japonais, il fait partie intégrante des Musées d’Extrême-Orient. Depuis 2013, ces bâtiments sont fermés en raison de graves problèmes de stabilité. Depuis lors, ils attendent impatiemment d’être restaurés et réaffectés. Grâce au Challenge Patrimoine, vous pouvez donner un nouvel élan au fabuleux projet du Palais chinois !
Chinoiseries à la sauce belge
Le Palais (anciennement Pavillon) chinois, ses annexes et la Tour japonaise ont été construits entre 1903 et 1910 à l’initiative du roi Léopold II (1835-1909), sous la direction de l’architecte parisien Alexandre Marcel (1860-1928), spécialisé dans l’architecture orientaliste. De nombreux artisans belges, français et asiatiques ont contribué à leur réalisation. Boiseries shanghaiennes ornant la façade antérieure, les façades latérales et le kiosque ont été fabriquées dans un orphelinat à Shanghai, où de jeunes garçons étaient initiés à l’art de la sculpture sur bois.
À l’intérieur comme à l’extérieur, le pavillon est un curieux mélange de chinoiseries : divers éléments stylistiques orientaux, déclinés à la mode occidentale. Le Palais chinois et des Pays des Routes de la Soie doit sa singularité à l’éclectisme de ses styles et décors : influences chinoises et japonaises, mais aussi indiennes, françaises et belges (structures en brique et pierre bleue, marbre rouge, style Art nouveau).
Du rêve d’un restaurant à un réel musée
Initialement conçu comme un restaurant de luxe, le complexe ne verra jamais ce dessein se concrétiser. Le roi Léopold II décède en 1909, avant l’achèvement du bâtiment, emportant avec lui son projet inachevé. Peu avant sa mort, il lègue le Pavillon chinois et la Tour japonaise à l’État belge, qui les intègrera ensuite à la Donation royale. À son ouverture en 1913, le Pavillon tient lieu de vitrine commerciale pour les produits importés d’Extrême-Orient, comme la porcelaine et la soie.
Après la Première Guerre mondiale, le site reçoit une nouvelle vocation, devenant ainsi une annexe des Musées royaux d’Art et d’Histoire (MRAH). Enfin, le Palais chinois fera partie des Musées d’Extrême-Orient, ensemble avec la Tour japonaise et le Musée d’Art japonais, qui se trouve dans les anciennes écuries.
Perle perdue de l’Extrême-Orient
Entre la fin des années 1980 et le début des années 2000, une rénovation des bâtiments a été entreprise sous la supervision de l’Institut royal du Patrimoine artistique. Mais en 2013, en raison de problèmes de stabilité, l’ensemble du site est fermé au public. Les collections et le mobilier ont peu après été transférés au Musée Art & Histoire, dans le parc du Cinquantenaire. Depuis lors, les bâtiments souffrent cruellement de cette longue période d’inoccupation : balcons instables, fuites dans les toitures, infiltrations d’eau, décollement du plâtre, décors intérieurs dégradés et boiseries endommagées.
Redonnez-lui son faste d’antan
En 2024, le gouvernement fédéral a donné son feu vert pour la création d’une ASBL chargée de restaurer, réaffecter et redynamiser le site. Celle-ci ambitionne de transformer le Palais chinois et des Pays des Routes de la Soie en un véritable lieu de rencontre culturel vivant, accessible en permanence au public et dédié à des expositions thématiques passionnantes.
En votant pour le Palais chinois dans le cadre du Challenge Patrimoine, vous nous aidez à ressusciter ce monument extraordinaire. Plus il y aura de votes, plus grandes seront ses chances que la commission du Challenge Patrimoine le désigne comme lauréat ‒ un tremplin vers sa restauration et sa réouverture, car le palais peut décrocher un budget de 25 000 euros ! Ce projet mobilise les riverains, les médias et fait battre le cœur de milliers d’amoureux du patrimoine. Le vôtre aussi ?
Images : © CC BY 4.0 KIK-IRPA, Brussels (Belgium), © ASBL Palais chinois et des Pays des Routes de la Soie et © Regie der Gebouwen - Régie des Bâtiments
Lieu de conservation : Avenue Van Praet 44, Laeken, Bruxelles
Période de réalisation : 1903-1910
Commanditaire : roi Léopold II
Architecte : Alexandre Marcel (1860-1928)
Matériaux : bois, pierre, céramique, marbre, brique, carreaux émaillés…
Propriétaire : Donation royale
Gestionnaire : ASBL Palais chinois et des Pays des Routes de la Soie
Le Challenge Patrimoine vise à rassembler tous les Belges autour de leur patrimoine afin d’entourer ces trésors culturels des meilleurs soins. Durant ces dix prochaines années, l’IRPA sélectionnera avec vous dix œuvres qui nécessitent un traitement d’urgence. D’ici 2030, nous espérons attirer l’attention sur les joyaux de notre patrimoine et sur l’importance de leur conservation. Donnons ensemble un avenir au patrimoine !
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