Les bas-reliefs en albâtre du Château de Gaasbeek
L’exceptionnelle collection de bas-reliefs en albâtre du Château de Gaasbeek nous plonge au XVe siècle, à l’âge d’or du début de la Renaissance. Acquises au XIXe siècle par la dernière occupante du château, la marquise Marie Arconati Visconti, lors de plusieurs ventes aux enchères parisiennes, ces œuvres d’art ont aujourd’hui d’urgence besoin d’être restaurées. Décolorations, encrassement et interventions antérieures ternissent en effet leur beauté. Grâce à votre vote, nous pourrons raviver l’éclat de ces chefs-d’œuvre et transmettre leur histoire aux générations futures.
Jehan Mone, maître sculpteur sur albâtre
Le fleuron de cette collection de bas-reliefs est le Portrait de mariage de l’empereur Charles Quint et d’Isabelle de Portugal. C’est l’œuvre de Jan Mone (vers 1485 - vers 1550), l’un des premiers sculpteurs à avoir introduit des éléments stylistiques de l’art de la Renaissance italienne dans la sculpture aux Pays-Bas. La conception même de l’œuvre et le thème représenté illustrent la fascination de Marie Arconati Visconti pour la Renaissance et Charles Quint. Une deuxième œuvre, Vierge à l’Enfant et donateurs, est aussi attribuée à l’artiste.
Outre les deux bas-reliefs de Jehan Mone, la collection du Château de Gaasbeek compte également neuf albâtres de Malines. Aux XVIe et XVIIe siècles, cette ville était en effet réputée comme centre de production de petites scènes de dévotion en albâtre. Réalisées par des artisans nommés cleynstekers (« sculpteurs de petites œuvres »), elles étaient transportées parfois même jusqu’aux confins de l’Europe. La collection comprend enfin quatre bas-reliefs en albâtre du XVe siècle provenant de la ville de Nottingham, connue à l’époque comme l’un des principaux centres anglais pour la production et l’exportation de ces petites scènes religieuses.
Un patrimoine à restaurer et à redécouvrir
Les albâtres présentent aujourd’hui un encrassement superficiel, des décolorations jaunes et brunes causées par des matériaux et des colles utilisés précédemment lors de restaurations antérieures, ainsi que des éraflures. De plus, les dorures et la polychromie présentes sur l’albâtre sont lacunaires ou usées. Elles ne donnent plus une image fidèle de la peinture originale. D’ailleurs, lors d’une restauration antérieure, la tête brisée d’un ange a été collée par erreur sur le corps robuste d’un soldat. Si cette anecdote cocasse peut prêter à sourire, cette intervention n’en reste pas moins maladroite.
Le projet actuel consiste à mener un traitement de conservation et de restauration, combiné à une étude sur les matériaux et les techniques ainsi qu’à des recherches en histoire de l’art. Cette restauration et ces études sont indispensables pour redonner vie aux œuvres. Elles permettront aux visiteurs de se faire une idée de la richesse chromatique originelle de ces albâtres et de la façon dont la dorure contribuait à leur splendeur et à leur magnificence.
Ravivez leur blanc éclatant
Les bas-reliefs en albâtre sont de précieux témoins du riche passé historique et artistique de la Belgique. Ce patrimoine unique mérite d’être préservé et admiré, aujourd’hui et par les générations futures.
En votant pour les bas-reliefs en albâtre, vous contribuez à la valorisation de la collection du château. La restauration indispensable, accompagnée des recherches afférentes, pourra ainsi être réalisée. En mettant en lumière ces chefs-d’œuvre, une fois restaurés, chacun sera invité à se plonger dans le patrimoine de notre région ainsi que dans l’histoire de la collection et des pratiques de conservation du château et de sa dernière châtelaine, la marquise Marie Arconati Visconti.
Images : © Kasteel van Gaasbeek, © Marjolein Impe et © Vincent Peetermans
Les quinze albâtres de la collection du Château de Gaasbeek
Découvrez les œuvres dans BALaT !
- « Adoration des mages » (n° d’inv. 1008), Pays-Bas historiques, 1642 (https://balat.kikirpa.be/object/147340)
- « Portrait de mariage de l’empereur Charles Quint et d’Isabelle de Portugal » par Jan Mone, Malines, 1526 (https://balat.kikirpa.be/object/123710)
- « Vierge à l’Enfant et donateurs » attribué à Jan Mone, Malines, 1530-1540 (https://balat.kikirpa.be/object/147338)
- « Ecce Homo », Malines, début du XVIIe siècle (https://balat.kikirpa.be/object/11080111)
- « Le Christ en croix », Malines, vers 1600 (https://balat.kikirpa.be/object/11080112)
- « Descente de croix », Malines, vers 1600 (https://balat.kikirpa.be/object/11080113)
- « Marie-Madeleine pénitente », Malines, vers 1600 (https://balat.kikirpa.be/object/11080114)
- « Sainte Anne trinitaire », Malines, 1550-1600 (https://balat.kikirpa.be/object/147339)
- « Adoration des mages » (n° d’inv. 0435) avec monogramme possible de Jasper de Hemeleer en tant qu’auteur, Malines, 1600-1620 (https://balat.kikirpa.be/object/11080115)
- « La tentation de saint Antoine », Malines, 1600-1620 (https://balat.kikirpa.be/object/11080116)
- « La Sainte Vierge, saint Joseph et deux anges », Malines, 1600-1620 (https://balat.kikirpa.be/object/11080117)
- « Le Christ au pilori » (n° d’inv. 0109), Nottingham, XVe siècle (https://balat.kikirpa.be/object/147343)
- « Le Christ au pilori » (n° d’inv. 0110), Nottingham, XVe siècle (https://balat.kikirpa.be/object/161689)
- « Mise au tombeau », Nottingham, XVe siècle (https://balat.kikirpa.be/object/147344)
- « La mise au bûcher des philosophes », Nottingham, XVe siècle (https://balat.kikirpa.be/object/147342)
Lieu de conservation : Château de Gaasbeek, Kasteelstraat 40, Gaasbeek, Lennik
Période de réalisation : XVe-XVIIe siècles
Artistes : Jehan Mone et d’autres artistes, inconnus
Matériaux : albâtre, polychromie, bois, dorure
Propriétaire : Collection Château de Gaasbeek
Numéros d’inventaire : 1008, 0707, 0556, 1557, 0433, 0434, 0435, 0436, 0437, 0438, 0439, 0109, 0110, 0111, 0172
Le Challenge Patrimoine vise à rassembler tous les Belges autour de leur patrimoine afin d’entourer ces trésors culturels des meilleurs soins. Durant ces dix prochaines années, l’IRPA sélectionnera avec vous dix œuvres qui nécessitent un traitement d’urgence. D’ici 2030, nous espérons attirer l’attention sur les joyaux de notre patrimoine et sur l’importance de leur conservation. Donnons ensemble un avenir au patrimoine !
Ou voterez-vous plutôt pour … ?
Les sgraffites de la Maison dorée
Des décorations colorées avec des accents dorés, emblématiques de l’esthétique Art nouveau
Le Palais chinois et des Pays des Routes de la Soie
Un monument architectural éclectique qui allie l’art oriental et le savoir-faire belge
Le Pavillon Renaissance de Mons
Un joyau architectural fragmentaire qui ornait autrefois la ville en tant que pavillon de jardin