Coup de cœur du mois - 05/2025
Tout au long de l’année 2025, la Photothèque de l’IRPA vous présente son « coup de cœur du mois », parmi ses photographies récentes, ou plus anciennes. Pour ce mois de mai, l’Institut royal du Patrimoine artistique met à l’honneur un joyau du patrimoine flamand : l’Autoportrait de Pierre Paul Rubens.
Cette œuvre exceptionnelle, restaurée par l’Atelier des peintures, illustre à la fois l’importance de la conservation et de la restauration dans la préservation de notre héritage artistique et l’expertise multidisciplinaire de l’Institut.
Mélanie Droumart
La conservation et la restauration au service des générations futures
La conservation et la restauration forment un pilier essentiel pour garantir la transmission des œuvres d’art aux générations futures. Elles ne se limitent pas uniquement à la réparation des dommages visibles : elles englobent l’étude scientifique, l’analyse technique et la compréhension historique des œuvres. Grâce à des interventions réfléchies et réversibles, les restaurateurs révèlent la véritable nature des chefs-d’œuvre, tout en respectant leur histoire et leur intégrité.
L’Autoportrait de Rubens et son histoire mouvementée
Peint entre 1623 et 1630, l’Autoportrait de Rubens est l’un des rares portraits de l’artiste réalisés de son vivant. Contrairement à ses autres autoportraits, celui-ci n’était pas destiné à la vente, mais servait de modèle dans son atelier, permettant à ses élèves d’étudier la technique du maître.
Au fil des siècles, l’œuvre a connu de nombreuses transformations : elle a été agrandie, découpée, puis réduite, passant d’un format ovale à rectangulaire. Plusieurs restaurations successives avaient recouvert la peinture originale de nombreuses couches de vernis et de repeints – jusqu’à onze couches à certains endroits. Avant sa restauration, au moins 75% de la surface visible n’était plus de la main de Rubens, masquant la vivacité et la technique du maître.
La restauration par l’Atelier des peintures de l’IRPA
En 2017, les collaborateurs de l’IRPA ont relevé le défi de restaurer ce chef-d’œuvre, une mission à la fois scientifique et artistique. Après un examen approfondi, les restaurateurs de l'Atelier des peintures ont entrepris de retirer les anciennes couches de vernis et de repeints, révélant enfin les couleurs, les détails et les coups de pinceau originaux de Rubens. L’étude a également permis de mieux comprendre les modifications subies par l’œuvre au fil du temps, notamment la transformation de son format et l’ajout de nouvelles parties.
Grâce à l’expertise des ateliers et des laboratoires de l’IRPA, l’Autoportrait a retrouvé sa fraîcheur et sa force expressive. Les traits du visage, les nuances de la carnation et la virtuosité du geste pictural sont désormais visibles, offrant au public une rencontre inédite avec l’artiste.
Une œuvre à (re)découvrir
Plusieurs photographies de ce portrait ont été réalisées avant restauration (X109975 à X109988), mais aussi après restauration (X124631 à X124638, ainsi que X168082 et X168083), dans le but de documenter l’état initial de l’œuvre, d’archiver les interventions réalisées et d’assurer la traçabilité de chaque étape du traitement. Cette documentation visuelle garantie la transparence et la préservation de l’intégrité historique et artistique de l’œuvre.
L’Autoportrait de Rubens, classé chef-d’œuvre de la Communauté flamande, est aujourd’hui exposé à la Maison Rubens à Anvers, où il retrouve toute sa place dans le parcours du maître. Cette restauration exemplaire témoigne du rôle fondamental de la conservation-restauration pour la sauvegarde du patrimoine artistique.
Ce coup de cœur du mois est une invitation à découvrir ou redécouvrir la richesse du patrimoine belge et le travail remarquable des professionnels de l’IRPA, garants de la mémoire artistique collective.
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